Vouvoyer ou tutoyer ? Telle est la question (stylistique)

Une des « erreurs » stylistiques les plus fréquentes que je croise dans les textes que je consulte sur le web (et aussi, dans les copies de mes étudiants !), c’est l’alternance entre le pluriel et le singulier des pronoms de la 2e personne dans le même texte.

OK, peut-être que tes cours de grammaire sont loin, donc, en d’autres termes : l’alternance entre le « vous » et le « tu ».

Le texte débute, on nous interpelle tout de suite d’une façon assez familière, avec un « tu ». Cool, j’aime ça, moi, le « tu ». Puis, à mi-parcours, sans trop savoir pourquoi, on se met à me vouvoyer. OK, pourquoi établit-on un peu plus de distance, tout à coup ?

Peu importe que tu choisisses le vouvoiement ou le tutoiement, mon point, c’est RESTE CONSTANT·E, au risque de voir la qualité de ton texte grandement diminuer. Parce que le choix entre le « tu » et le « vous » est une question de positionnement. Une façon de définir la relation que tu veux entretenir avec ton lectorat, dès la première ligne. Et si tu n’es pas constant·e, cette relation demeure floue. Et ça, ton audience le ressent. 

Maintenant, la question qu’on peut se poser, c’est : comment choisir entre les deux ?

Ça dépend de deux choses : ta posture et ton canal de diffusion. Moi, par exemple, je cherche à créer une relation de confiance et de proximité avec mon lectorat. Alors, le « tu » s’impose naturellement. Mais pour un CEO qui s’adresse à des clients corporatifs, ce sera évidemment différent.

Il y a aussi le contexte culturel à considérer. En France, le vouvoiement est beaucoup plus normalisé qu’au Québec, ce qui veut dire que, si ton audience est internationale ou française, tu dois en tenir compte.

Et puis, il y a la relation que tu as avec ton lecteur selon l’endroit où il te lit.

Sur mon site web, par exemple, je vouvoie généralement, parce que la personne qui arrive ne me connaît pas encore. Elle pénètre dans mon univers pour la première fois, et le vouvoiement crée une certaine bienveillance, une distance respectueuse. Dans mon infolettre ou sur LinkedIn, je tutoie. Parce que là, on se connaît déjà un peu. (Merci d’être là d’ailleurs, j’vous aime ! 🫶 Ici, c’est un vous de « vous la gang » Hey oui, une autre subtilité…) La relation est installée, alors je peux me permettre une certaine proximité.

Bref, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse universelle. Il y a ta réponse, celle qui correspond à qui tu es et à qui tu t’adresses.

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Qu’est-ce qui se passe avec l’algorithme LinkedIn ?