Le show de Bad Bunny au Super Bowl était une véritable leçon de storytelling
Comme la moitié de la planète (c’est une hyperbole), j’étais rivée à mon écran le 8 février dernier pour assister à la performance de Bad Bunny au spectacle de la mi-temps. Le king de la musique latino nous a plongés dans un voyage au cœur de Puerto Rico, où les clins d’œil à sa culture et à sa propre histoire étaient légion. C’était, en soi, une leçon de storytelling, car ce n’était pas un simple spectacle, mais bien une véritable histoire chargée de sens.
Des symboles chargés de sens
Les quelques minutes (13, si ma mémoire est bonne !) qu’a duré le spectacle débordaient de symboles à décortiquer :
Les champs de canne à sucre remplis d’agriculteurs, une industrie difficile ayant longtemps dominé le paysage portoricain.
Les poteaux électriques où il a grimpé pour chanter, rappelant les coupures d’électricité ayant souvent lieu sur l’île, notamment à cause de la désuétude des installations.
Un petit garçon jouant le rôle de mini Bad Bunny, à qui le chanteur vient remettre son Grammy.
Le numéro 64 sur son chandail, en hommage aux 64 victimes de l’ouragan Maria en 2017, ou peut-être l’année de naissance de sa mère, ce n’était pas totalement clair.
Le genre de spectacle qu’on doit réécouter plusieurs fois pour tout voir, ce qui sera certainement mon cas. Un show avec des chorégraphies impressionnantes, c’est bien. Un show avec une histoire, c’est autre chose. Et c’est là que ça devient intéressant.
Bad Bunny, maître du show
Parce que ce qu’on a vu hier soir, ce n’était pas seulement une performance musicale : c’était à la fois un récit, une mise en scène identitaire et une déclaration culturelle. Chaque élément visuel servait une intention. Rien n’était décoratif : tout servait à raconter quelque chose. On n’était pas dans l’accumulation d’effets spéciaux, mais dans une sorte de cohérence narrative.
C’était du pur « show, don’t tell ». Il ne nous a pas simplement dit que Puerto Rico est résilient : il nous l’a montré. Et surtout, il l’a montré dans la joie. Merci Bad Bunny de nous avoir rappelé que la joie peut être une forme de résistance.
Du storytelling multiniveau
Ce qui rend ce type de storytelling si puissant, c’est qu’il opère à plusieurs niveaux. On peut regarder le spectacle une première fois pour la musique, une deuxième pour les références culturelles, une troisième pour comprendre les symboles plus subtils…
Une bonne histoire fonctionne de la même manière : elle n’est pas épuisée après une seule lecture. Elle gagne en profondeur à mesure qu’on y retourne. Et si on élargit un peu la réflexion, il y a là une leçon intéressante pour tous ceux qui prennent la parole en ligne. On peut impressionner ou on peut marquer. On peut publier du contenu performant ou on peut construire un univers narratif cohérent.
Plus ton histoire est spécifique, plus elle devient universelle. Plus tu assumes ton identité, ton parcours, tes références, plus tu crées un point d’attache et plus tu deviens mémorable.
Un message puissant et universel
Bad Bunny n’a pas essayé de lisser son message pour plaire à tout le monde. Il a choisi un angle clair : ses racines. Et paradoxalement, c’est ce qui a rendu le spectacle accessible à une audience mondiale. C’est exactement ce que fait le storytelling bien exécuté : il transforme une trajectoire personnelle en expérience collective.
Alors oui, on parlera des chorégraphies. Oui, on analysera les caméos (Pedro Pascal, allô). Mais ce qui restera le plus marquant, c’est l’histoire que le spectacle raconte. Et ça, c’est toujours le signe d’un storytelling réussi.
Une formation en storytelling pour t’accompagner
Et si tu as envie d’aller plus loin, de structurer ton récit fondateur, d’apprendre à créer de la tension, à injecter de la personnalité et à relier tes histoires à tes offres, j’ai justement créé une formation en storytelling pour entrepreneurs. On y travaille la stratégie autant que la plume.
Parce que raconter avec intention, c’est ce qui transforme une audience en communauté.